Abécédaire de Pédiatrie
11e édition
ou "Comment éviter les grosses erreurs" en pédiatrie
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En guise de complément :
  La consultation pédiatrique

Quelques pistes, non exhaustives pour prendre en charge un enfant de la conception à 2 ans. 
 
Avant la naissance 
 
« Je voudrais, ou j'attends un enfant, quels conseils pouvez-vous me donner pour qu'il aille le mieux possible ? » 
Trois points de vue dans cette période de prise de décision (ou de surprise) et de préparation de l'enfant : 
 
• Comment va la future mère ? C'est le rôle du médecin traitant : la mère souffre-t-elle d'une pathologie, quelle relation avec une grossesse ? Prend-elle des médicaments dangereux pour le futur fœtus ou le foetus ? Est-elle à jour dans ses vaccinations (coqueluche et rubéole en particulier) ? Y a-t-il moyen de l'aider à arrêter de fumer ? Pensez au fer, à l'acide folique, à l'oméga 3. 
 
• Gérer la grossesse, c'est le rôle du médecin traitant et de l'obstétricien : prise de poids, glycorégulation, pression artérielle, prévention de la prématurité, dépistage d'anomalies génétiques... Enfin l'accouchement et ses suites immédiates ne sont pas évoqués ici, ils échappent le plus souvent au médecin traitant. 
 
• Préparer l'enfant c'est le rôle du médecin traitant et de l'obstétricien, car le pédiatre n'est pas encore dans le coup (c'est dommage !)… 
 
Missions 

• Préparer la mère (le père ?). 
• Préparer la grossesse. 
• Préparer l'enfant. 
• Encourager à choisir l'allaitement. 
 
Avant la consultation 
1) Votre cabinet est-il prêt à l'accueillir ? 
  1. - Il s'annonce 
    Dans l'idéal, votre secrétaire est formée à détecter au téléphone les vraies urgences, vous avez toujours une petite place pour elles. 
  2. - Il arrive 
    Quand ces enfants arrivent, un petit coup d'œil rapide permet de juger de leur état avant de les faire attendre. 
  3. - Il attend 
    Votre salle d'attente est-elle prête pour la sécurité (faites le tour à quatre pattes… à un moment où elle est vide), convivialité (livres, jouets, coin pour allaiter, pour changer bébé…), information (prévention santé, aides aux parents, numéro de téléphone 119, aide aux ados…). 
  4. - Il est examiné 
    Avez-vous une trousse d'urgence spéciale pédiatrie ? 
    Avez-vous des brassards de tensiomètre adaptés ? 
2) Etes-vous prêt à l'accueillir ? 
 
Un jeune enfant, sa mère et parfois sa grand-mère, cela fait du monde qui attend de vous patience, gentillesse et compétence. La consultation pédiatrique est longue : il y a tant à faire ! Sans entrer dans les détails, par exemple pensez à dire bonjour à l'enfant, quel que soit son âge, à essayer de l'apprivoiser, à jouer à cache-cache et à tolérer ses cris… Accroupissez-vous pour vous mettre à son niveau, laissez le contre sa mère, attention aux mouvements brusques avec votre stéthoscope et ne commencez pas par les oreilles. 
Bref vous avez réfléchi à votre consultation pédiatrique … 


3) Vous connaissez les règles d'or, par l'abécédaire, en voici une sélection non exhaustive ! 
 
  1. L'allaitement maternel est le mode d'alimentation préféré du nourrisson jusqu'à 6 mois, choisir d'allaiter et persévérer nécessitent de l'aide : soyez formés à la donner. 
  2. Tout parent de nourrisson devrait avoir une boîte de solution de réhydratation orale à la maison et savoir s'en servir. 
  3. Tout nourrisson gris, marbré, geignard est atteint d'une infection bactérienne sévère jusqu'à preuve du contraire. 
  4. Tout nourrisson de moins de 3 mois fébrile sans point d'appel est atteint d'infection bactérienne jusqu'à preuve du contraire. Pas d'antibiotique en ville. 
  5. Tout nourrisson qui vomit de la bile est suspect d'occlusion jusqu'à preuve du contraire. Les minutes sont comptées en cas de volvulus. 
  6. Les premières causes de mortalité du nourrisson sont la mort subite, les malformations, les infections, la diarrhée puis plus tard le cancer et  les accidents. 
  7. L'insuffisance cardiaque du nourrisson se traduit par un essoufflement au biberon et un gros foie (le chercher très bas). 
  8. Demandez toujours ce que mange un jeune enfant et comment on lui donne à manger, comment il dort, s'il sourit. 
  9. Les poids, taille, PC (jusqu'à 3 ans) sont reportés sur le carnet de santé et sur une courbe à chaque consultation. L'indice de masse corporelle se surveille au-delà de 1 an. 
  10. L'âge des bêtises s'étend d'avant neuf mois à très longtemps après. 
  11. Parlez éducation et prévention avec les parents (le temps passé sur ces sujets est fondamental !). 
  12. Vous devez être au point sur les coliques, sentir si les parents sont « à bout ». 
  13. Connaissez les convulsions fébriles et le moyen d'éviter les récidives. 
  14. Connaissez tous les problèmes de peau usuels, les parents vous demanderont votre avis. 
  15. Soyez au point sur la douleur, son traitement… 
  16. Ayez exploré le monde des préparations pour nourrisson, de suite et de croissance, le microcosme des laits spéciaux et les règles de la diversification. 
  17. Pas de médicaments si ce n'est pas nécessaire, pas d'explorations quand on connaît la réponse ou quand elle ne changera rien. 
  18. Sachez gérer la grand-mère… Elle a souvent plus d'influence que vous. 
  19. Ayez l'œil et soyez à l'écoute vis-à-vis des troubles sensoriels ou psychiques. 
  20. Examinez les hanches du jeune nourrisson (asymétrie d'abduction). 
  21. Enfant secoué, sévices : situations à risque, signes, diagnostic traitement. 
  22. Bébé et urines jaune + selles blanches = cholestase = urgence. 
  23. Infection urinaire du nourrisson = perte de poids, fièvre, diarrhée, vomissement. Traitement parentéral et bilan urologique. 
  24. Vaccins, tous les vaccins et leurs rares contre-indications. 
  25. Prenez la pression artérielle en cas de signe d'orientation et au moins une fois entre 1 et 2 ans. Ayez les normes selon l'âge ou la taille. 
  26. À tout âge, une boiterie s'explore. 

4) Avez-vous lu soigneusement le livret d'accompagnement du nouveau carnet de santé 
 
5) Savez-vous soigner l'enfant malade ou à risque ? 
 
La réponse est certainement oui !… Mais comme vous le savez, une aide est toujours possible en cas de doute au niveau plus précis de spécialisation. Le généraliste demande parfois avis au pédiatre, qui demande parfois à l'hôpital, qui demande parfois au CHU, qui demande parfois à Paris, Lille ou Londres… Chacun connaît ses limites. 
Personne ne penserait confier le suivi d'un enfant en bonne santé à un surspécialiste, mais dans son domaine il est utile. Gardez le suivi et une vue globale sur l'enfant, même si vous demandez avis sur un point particulier. 
Les antécédents personnels et familiaux vont vous guider pour établir un programme de surveillance adapté à un enfant précis : obésité ou allergie familiales, accidents cardiovasculaires précoces, dysfonctionnements familiaux, problèmes sociaux, évènements périnatals, maladie génétique… Notez dans votre dossier d'emblée les  évènements supplémentaires prévisibles et l'âge où ils vont se réaliser : consultations, signes d'alerte (index de masse corporelle dans l'obésité familiale…), vaccins complémentaires (hépatite A dans les pathologies hépatiques…), examens (coloscopie dans une polypose familiale…). Ces « balises » peuvent s'ajouter secondairement selon les pathologies aiguës qui surviennent : surveillance approfondie de l'audition après les otites chroniques et les méningites… 
 
6) Avez-vous un programme pour l'enfant non-malade ? 
 
Il ne faudrait pas seulement voir l'enfant en urgence, rapidement, quand il est malade : c'est comme si le garagiste ne faisait jamais de révision de votre voiture, mais ne la voyait qu'en cas de panne ! Peut-être est-ce là la différence entre « médecin » et « médecin de famille » ? Pour de multiples raisons (demande des parents, disponibilité du médecin, diminution des pathologies virales), le suivi des enfants s'étiole après les premiers mois ou année. Il n'est pas rare que le carnet de santé soit vierge d'écritures de médecins des années durant, faute de pathologie aiguë pour susciter une consultation ! 
Il y a pourtant tant de choses à faire pour l'enfant en bonne santé : éducation, prévention, vaccination, surveillance de la croissance, du sommeil, de la nutrition, des addictions, de la maturation sexuelle et  psychologique, information sur la contraception, préparation de l'adolescence, école… Sans parler du dépistage de pathologies peu bruyantes (déficit en hormone de croissance, maladie de Crohn iléale, retard de puberté...) 
Dans le domaine du dépistage d'anomalie de la motricité, du langage, du contact social, si vous n'êtes pas sûr de vous, procurez-vous et réalisez le test de Denver, il s'agit d'un outil précis et simple. Le nouveau carnet de santé vous aidera à organiser ce suivi. 
Ayez un programme précis pour l'enfant sain ! Dites : « Je suis à votre disposition en cas de problème de santé, mais je vous propose de voir votre enfant régulièrement, entre tous les mois et tous les ans selon l'âge ». Les visites obligatoires ont lieu : avant 8 jours, tous les mois jusqu'à 6 mois, à 9 et 12 mois, 2 fois entre 12 et 24 mois, à 24 mois et deux fois par an jusqu'à 6 ans. Les certificats de santé sont à remplir à 8 jours, 9ème mois et 24ème mois. Après 6 ans, une visite systématique par an est un minimum. Médecin de famille et pédiatre peuvent bien sûr partager ce suivi en communicant au moins par le carnet de santé. 
mise à jour : 09/04/2013



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